Grossesse et constipation : vous n'êtes pas seule !
Des chercheurs ont mené une méta-analyse des données publiées sur les dernière décennies pour connaître la prévalence de la constipation pendant la grossesse. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une femme enceinte sur trois connaît des épisodes de constipation lors d’une grossesse. La constipation est plus fréquente au cours des 2ème et 3ème trimestres :
- 1er trimestre : 21,1 % des femmes enceintes sont concernées
- 2ème trimestre : 34 %
- 3ème trimestre : 30,3 %
La constipation est un trouble digestif commun pendant la grossesse et peut devenir gênante si elle persiste. Si elle perturbe votre quotidien, il est nécessaire de consulter un professionnel de santé.
Quand parler de constipation ?
Les principales caractéristiques de la constipation :
- une diminution de la fréquence des selles par rapport à vos habitudes (généralement moins de trois par semaine),
- des difficultés à évacuer car les selles sont dures,
- un besoin de faire des efforts pour pousser,
- une sensation désagréable d’obstruction ou d’évacuation incomplète,
- des ballonnements ou un inconfort abdominal,
- un besoin d’expulser manuellement les selles.
Il faut éviter de pousser trop fort si vous avez des difficultés à aller à la selle car l’effort prolongé et régulier favorise l’apparition de crises hémorroïdaires. La constipation est un facteur favorisant dans la survenue de ce problème.
Grossesse et constipation : les causes ?
Diverses causes sont impliquées dans l’apparition de la constipation pendant la grossesse. Nous citons ici les raisons les plus fréquentes :
- L’hormone progestérone
L’augmentation du taux de progestérone a des répercussions sur le transit intestinal car elle ralentit le péristaltisme intestinal, c’est-à-dire les mouvements des muscles de l’intestin qui permettent de faire avancer les aliments et les déchets. Cependant, cette hormone est vitale pour un fœtus en pleine croissance, car elle permet d’empêcher l’utérus de se contracter et donc d’éviter le risque de fausse couche.
- Le fer
La prise de préparation à base de fer peut également favoriser la constipation car le bon fonctionnement du transit est impacté. Ces suppléments peuvent être prescrits pour prévenir un manque de fer chez les femmes enceintes.
- La diminution de l’activité physique
L’exercice physique pendant la grossesse (marche, natation, yoga) est fortement recommandé pour le bien-être de la future maman et du bébé. Mais on sait que le quotidien peut rendre cette pratique difficile : s’occuper d’autres enfants, vivre une grossesse à risque ou simplement se sentir fatiguée sont autant de réalités à prendre en compte.
- Le changement de régime alimentaire
Un régime pauvre en fibres ou l’augmentation de la consommation de protéines et de graisses pour répondre aux besoins nutritionnels du fœtus peuvent entraîner la constipation.
- Certaines pathologies
Certaines pathologies présentes pendant la grossesse, telles que l’hypothyroïdie ou le diabète gestationnel, peuvent favoriser la constipation.
- La taille du fœtus
- Le stress & l’anxiété
L’arrivée d’un bébé n’est pas de tout repos et peut générer stress et inquiétude, surtout lorsque la grossesse est compliquée. Si vous ressentez un niveau élevé d’anxiété face à cet événement, il est important d’en parler à votre sage-femme ou à un professionnel, afin de trouver un espace de soutien et de décompression.
Grossesse et constipation : que faire ?
Même si les changements hormonaux et physiques de la grossesse ne peuvent pas être évités, il existe quelques conseils et astuces qui peuvent être utiles en cas de constipation pendant la grossesse :
- En cas de constipation
- Veiller à suffisamment vous hydrater (eau, tisanes et jus dilués) : il est conseillé de boire au moins deux litres d’eau par jour. Un manque d’hydratation nuit au transit car les selles s’assèchent et durcissent plus facilement.
- Consommer des aliments riches en fibres alimentaires (céréales complètes, légumes et fruits, légumineuses, pain complet, graines et noix) : les fibres sont importantes pour le bon fonctionnement des processus digestifs et du transit ainsi que pour l’équilibre de votre microbiote intestinal, car elles servent aussi de nourriture aux bactéries intestinales bénéfiques. Si votre régime alimentaire est pauvre en fibres, vous pouvez utiliser des prébiotiques pour fournir à votre organisme des fibres spécifiques.
- Réduire les aliments qui ralentissent la digestion comme le chocolat et les produits à base de farine raffinée (pain blanc, pâtes et riz blancs), les fritures et les aliments gras ou les aliments ultra-transformés.
- Penser aux aliments qui favorisent le transit : les légumineuses, les légumes verts, les pommes avec la peau, les bananes bien mûres, les pruneaux sont généralement recommandés, notamment pendant la grossesse. Certaines substances végétales, telles que les graines de lin et le psyllium, peuvent stimuler l'activité intestinale et soulager la constipation. Il faut toutefois veiller à les utiliser correctement.
- Prendre le temps de manger : il est important de manger lentement et de bien mastiquer les aliments.
- Bouger et prendre l'air : il est recommandé de marcher 30 minutes par jour tout en profitant du grand air car le sport favorise le bon fonctionnement du transit. La marche et la natation sont recommandées pour les femmes enceintes. Le quotidien peut rendre cette pratique difficile, l'important est d'écouter son corps et de trouver, même par petites actions, des moments pour bouger en douceur.
- Prendre des probiotiques pour soutenir le microbiote intestinal : une composition bactérienne équilibrée du microbiote intestinal favorise le bon fonctionnement de la digestion et du transit. La dysbiose (le déséquilibre du microbiote) peut également être à l’origine de troubles digestifs.
- Dormir suffisamment car le système digestif est très actif la nuit.
- Éviter de porter des vêtements trop serrés ; préférer des vêtements confortables et amples.
- Modifier votre position aux toilettes : vous pouvez utiliser un marchepied pour rehausser vos pieds et jambes.
- Consulter votre médecin traitant si vous souhaitez prendre des laxatifs, car ils ne sont pas toujours recommandés pendant la grossesse.
Probiotiques et prébiotiques pendant la grossesse en cas de constipation
Les prébiotiques : des fibres spécifiques
Les prébiotiques sont des fibres alimentaires qui servent de nourriture aux bonnes bactéries intestinales et qui favorisent le transit intestinal. C’est une solution douce et naturelle pour améliorer la digestion.
Les fibres alimentaires sont très importantes pour le fonctionnement normal de la digestion et le transit puisqu’elles régulent le transport des aliments dans l’intestin. En cas de constipation, elles augmentent le volume des selles et les rendent plus molles, ce qui facilite leur évacuation.
Les probiotiques : des bactéries bénéfiques
L’utilisation de probiotiques de qualité est recommandée pour maintenir ou rétablir l’équilibre bactérien du microbiote intestinal.
Grâce à la prise d’un complément alimentaire à base de ferments lactiques, nos propres bactéries intestinales sont soutenues par des bactéries probiotiques viables, ce qui peut avoir des effets positifs sur les troubles digestifs. Un microbiote équilibré favorise le bon fonctionnement des processus digestifs.
Par ailleurs, une colonisation optimale du microbiote intestinal d’une femme enceinte est importante pour le développement de celui de son nouveau-né. En effet, un nourrisson reçoit ses premières bactéries lors de l’accouchement, puis via l’allaitement. Ces bactéries utiles, qui proviennent à l’origine de l’intestin de la mère, trouvent en très peu de temps leur destination dans le corps d’un nouveau-né.
Pour en savoir plus et recevoir des conseils personnalisés, contactez-nous et notre équipe médicale et scientifique sera ravie de pouvoir vous aider.
Autres troubles digestifs fréquents chez les femmes enceintes
Remontées acides / reflux gastrique
C’est généralement au cours du 2ème et 3ème trimestres que les femmes enceintes sont touchées par les brûlures d’estomac. Deux phénomènes jouent un rôle ici : la modification du taux d’hormones et la croissance de l’utérus car ils ont un impact sur le sphincter entre l’œsophage et l’estomac qui se trouve moins tendu. Dès lors, le suc gastrique peut remonter plus facilement. De plus, les mouvements et coups du fœtus peuvent également faire remonter les acides digestifs et provoquer des remontées acides désagréables. Une alimentation riche en aliments acides ou trop gras (viandes grasses, pâtisseries, agrumes, poivron, etc.) peut également être à l’origine de ces troubles.
- En cas de remontées acides / reflux gastrique
- Privilégier les fruits peu acides comme la pomme, les fraises ou la papaye. Ils sont recommandés pendant la grossesse.
- Les aliments à éviter : le café et le thé, les boissons gazeuses, les plats trop riches en graisses ou trop épicés, la charcuterie, les tomates, les cornichons, les plats trop vinaigrés, le chocolat, les jus de fruits acides et les agrumes.
- Privilégier les petites portions, moins manger mais plus fréquemment. Fractionner les repas.
- Dîner au moins deux heures avant de vous allonger ou de vous coucher.
- Consulter votre sage-femme ou médecin traitant si les remontées vous empêchent de dormir.
Ballonnements
Les changements hormonaux favorisent l’apparition de ballonnements pendant la grossesse. La digestion des aliments est ralentie et certaines substances commencent à fermenter provoquant des ballonnements et des lourdeurs au niveau de l’estomac.
- En cas de ballonnements
- Limiter la consommation d’aliments favorisant les ballonnements et les gaz, comme les légumes secs, les choux, l’ail et les oignons.
- Éviter les aliments gras (plats en sauce, viande grasse, produits frits, etc.) car ils sont difficiles à digérer.
- Éviter les boissons gazeuses.