L'histamine : de quoi parle-t-on ?
L’histamine est une substance chimique qui est fabriquée naturellement par le corps. Elle joue plusieurs rôles importants mais elle est surtout connue pour son rôle de médiateur dans les réactions allergiques. Lorsque le corps détecte une substance qu’il considère comme une menace comme le pollen, les poils d’animaux ou les acariens, il déclenche une série de réactions dont la libération d’histamine. Ce phénomène entraîne l’apparition de symptômes typiques d’une allergie. C’est pourquoi les personnes allergiques prennent des médicaments antihistaminiques afin de bloquer l’action de l’histamine, ce qui provoque une réduction des symptômes.
Une fonction moins connue mais toute aussi importante : l’histamine agit comme neurotransmetteur et dans ce contexte, elle a des effets sur le système nerveux. Elle régule également la production d’acide gastrique, essentiel pour la digestion des aliments. Enfin, elle joue aussi un rôle décisif dans les réactions inflammatoires en influençant le fonctionnement de différentes cellules immunitaires et la production de médiateurs inflammatoires et de cytokines.
L’histamine est donc une substance multifonction importante pour l’organisme.
L'intolérance à l'histamine : explications
L’intolérance à l’histamine est liée à l’incapacité du corps à gérer correctement cette substance ; soit il en produit trop, soit il l’élimine mal. Notre organisme est normalement capable de dégrader l’histamine grâce à des enzymes, notamment l’enzyme DAO (diamine oxydase).
Résultat de cette incapacité : l’histamine s’accumule dans le corps et cette concentration élevée entraîne divers troubles qui disparaissent généralement après 8 à 12 heures. Bien que des symptômes semblables à ceux d’une allergie apparaissent, il ne s’agit pas d’une allergie au sens strict du terme mais plutôt d’un déséquilibre fonctionnel lié à un problème de métabolisme.
On estime qu’environ 1 % de la population présente une intolérance à l’histamine. En France, cela correspondrait à 650 000 – 700 000 personnes. Il est difficile de donner un chiffre exact car il y a probablement beaucoup de cas non identifiés puisque le diagnostic est difficile en raison de la variété des symptômes. Plusieurs études ont démontré que les femmes semblent plus touchées que les hommes. Par ailleurs, les connaissances actuelles montrent que l’intolérance à l’histamine se développe souvent au cours de la vie.
Les symptômes de l'intolérance à l'histamine
Chez les personnes présentant une intolérance à l’histamine, les symptômes suivants apparaissent généralement après la consommation d’aliments riches en histamine ou de substances libérant de l’histamine :
- Altérations cutanées telles que rougeurs, démangeaisons, gonflements ou urticaire
- Troubles digestifs (diarrhée, ballonnements, douleurs abdominales)
- Maux de tête ou migraines
- Écoulement nasal et nez bouché
- Fatigue, troubles du sommeil
- Douleurs menstruelles chez les femmes
- Vertiges et palpitations
Les causes d'une intolérance à l'histamine
Deux enzymes majeures sont responsables de la dégradation de l’histamine dans l’organisme : la diamine oxydase (DAO) et l’histamine N-méthyltransférase (HNMT). La DAO est principalement responsable de la dégradation de l’histamine qui pénètre dans l’organisme par l’alimentation. La HNMT est active à l’intérieur des cellules et dégrade l’histamine qui y est produite. Ces enzymes sont complémentaires et elles assurent ensemble l’équilibre global de l’histamine dans l’organisme.
Les causes plausibles d’une intolérance :
- La diminution de l’activité de la DAO : soit l’organisme ne produit pas suffisamment de DAO, ce qui empêche la dégradation complète de l’histamine présente dans l’alimentation, soit la DAO produite par l’organisme est inactive ou partiellement active en raison d’une maladie (par exemple, la maladie cœliaque, la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse).
- Certains médicaments car quelques principes actifs entraînent une augmentation du taux d’histamine dans l’organisme, soit parce qu’ils inhibent la DAO, soit parce qu’ils provoquent la libération de l’histamine stockée dans les cellules. Il s’agit notamment de certains analgésiques tels que l’aspirine, l’Ibuprofène ou le Diclofénac.
- Les troubles mastocytaires qui provoquent la libération excessive et inappropriée d’histamine. Les mastocytes sont des cellules du système immunitaire qui stockent et libèrent l’histamine.
- Un microbiote intestinal altéré : certaines bactéries peuvent produire de l’histamine et des études scientifiques ont déjà démontré qu’une dysbiose peut augmenter la production d’histamine. Les recherches sur le rôle exact du microbiote en ce qui concerne l’intolérance à l’histamine sont toujours en cours.
La libération accrue d’histamine : une libération d’histamine en grande quantité peut survenir à la suite d’un effort physique ou psychique important, de stress chronique ou de maladies infectieuses (notamment au niveau du tractus gastro-intestinal). Ces éléments sont davantage des facteurs aggravants que des causes clairement établies.
Comment savoir si vous êtes concerné.e ?
Pour commencer, vous pouvez observer si les symptômes typiques (voir ci-dessus) apparaissent après la consommation d’aliments contenant de l’histamine. Ensuite, il est nécessaire de consulter un médecin car il peut aider à exclure d’autres causes. Pour établir un diagnostic, il vous proposera certainement de faire un régime d’éviction ; pendant plusieurs semaines il vous faudra supprimer les aliments riches en histamine pour voir si les symptômes sont toujours présents. Puis, les aliments seront réintroduits progressivement afin d’observer un retour ou une absence de symptômes. En fonction des résultats, quelques mesures devront être prises.
À ne pas confondre avec l’intoxication à l’histamine !
L’intoxication à l’histamine peut se produire chez n’importe qui à la suite de la consommation d’une très grande quantité d’histamine provenant d’un aliment contaminé ou mal conservé (les poissons comme le thon, le maquereau ou les sardines sont souvent concernés). Les symptômes apparaissent généralement rapidement et sont souvent plus sévères. Dans ce cas, vous pouvez contacter un centre antipoison qui sera en mesure de vous donner des informations.
Intolérance à l'histamine & alimentation
La consommation d’aliments riches en histamine est la cause la plus fréquente de l’apparition des symptômes, et plusieurs heures peuvent s’écouler avant que les troubles ne se manifestent. C’est pourquoi le diagnostic de l’intolérance à l’histamine est souvent difficile à établir.
L’histamine dans les aliments est produite par des bactéries lors de la transformation de l’histidine, un acide aminé. Ce processus se produit surtout quand les aliments fermentent (comme la choucroute), vieillissent ou maturent (le vin rouge ou le fromage) ou sont mal conservés.
Bon à savoir : la cuisson ne détruit pas l’histamine.
Aliments riches en histamine
Aliments ayant subi un long processus de maturation ou de fermentation, tels que le fromage à pâte dure, la charcuterie, la choucroute, les cornichons, la sauce soja, le kéfir, le miso, etc.
Alcool : vin rouge, bière, vin mousseux, champagne
Poissons fumés, poissons en conserve
Noix, noix de pécan, noix de cajou
Produits ultra-transformés et sauces toutes prêtes
Aliments libérateurs d'histamine
Les aliments qui ne contiennent pas d’histamine en eux-mêmes, mais qui peuvent provoquer la libération de l’histamine produite par l’organisme. Parmi ceux-ci, on trouve notamment :
- Certains fruits (ils contiennent parfois aussi de l’histamine) : fraises, agrumes, kiwis, ananas
- Certains légumes (ils contiennent parfois aussi de l’histamine) : épinards, tomates, aubergines
- Chocolat et cacao
- Fruits de mer
Que faire en cas d'intolérance à l'histamine ?
Conseil 1 : consulter pour avoir un diagnostic
Si vous présentez des symptômes, il est important de consulter votre médecin traitant car il sera en mesure d’établir un diagnostic, d’exclure d’autres causes possibles et de vous proposer un traitement adapté.
- Les antihistaminiques : ces médicaments peuvent aider à soulager les symptômes en bloquant l’action de l’histamine.
- Des compléments alimentaires à base d’enzyme DAO : la diamine oxydase (DAO) est une enzyme qui dégrade l’histamine.
Conseil 2 : modifier son alimentation
- Éviter les aliments riches en histamine.
- Éviter de consommer les restes conservés longtemps.
- Privilégier les aliments frais ; ceux-ci contiennent généralement moins d’histamine.
Conseil 3 : apprendre à gérer le stress
Le stress peut aggraver les symptômes. Des techniques telles que la méditation, le yoga ou les exercices de respiration peuvent réduire le stress et, par conséquent, les symptômes.
Conseil 4 : opter pour une thérapie de soutien
- Les compléments alimentaires : la vitamine C et la vitamine B6 favorisent la dégradation de l’histamine.
- L’acupuncture ou la médecine orthomoléculaire peuvent contribuer à soulager les symptômes.
Conseil 5 : prendre soin du microbiote intestinal
Certaines souches probiotiques contribuent à soutenir le microbiote intestinal et à réduire la production d’histamine. De plus, l’intestin revêt une grande importance pour le système immunitaire car 70 % des cellulaires immunitaires vivent dans cet organe digestif. En cas d’intolérance et d’allergie, il est important de préserver l’équilibre du microbiote intestinal et le bon fonctionnement de la barrière intestinale.
Le rôle des probiotiques
Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui présentent des bienfaits pour la santé lorsqu’ils sont consommés en quantités suffisantes. Parmi les bénéfices potentiels des probiotiques en cas d’intolérance à l’histamine, on peut notamment citer :
- La modulation de la composition du microbiote intestinal : un microbiote équilibré peut favoriser la production d’enzymes qui dégradent l’histamine, comme l’enzyme diamine oxydase (DAO).
- La réduction de l’inflammation : certaines bactéries probiotiques ont des propriétés anti-inflammatoires et peuvent contribuer à soutenir le système immunitaire.
- L’ajustement de la tolérance alimentaire : certains probiotiques peuvent contribuer à améliorer la tolérance à certains aliments contenant de l’histamine.
Puisque certaines bactéries produisent de l’histamine, il est important de se renseigner sur le type de souches bactériennes contenu dans un produit. Il y a de nombreux probiotiques sur le marché et tous ne se valent pas !
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