La thyroïdite de Hashimoto est une maladie auto-immune dans laquelle une inflammation chronique de la thyroïde entraîne une destruction du tissu thyroïdien. Le tissu altéré produit de moins en moins d’hormones thyroïdiennes, ce qui conduit à une hypothyroïdie (insuffisance thyroïdienne). Toutefois, au début de la maladie, des phases d’hyperthyroïdie sont également possibles mais elles restent rares.
Thyroïde, hypothyroïdie et hyperthyroïdie : définition
La thyroïde
La thyroïde est une glande située à la base du cou qui sécrète des hormones essentielles au bon fonctionnement de l’organisme, notamment la T3 et la T4. La thyroïde fait donc partie de notre système endocrinien, celui-ci ayant une influence majeure sur notre santé. Les hormones thyroïdiennes ont des rôles importants puisqu’elles contribuent notamment à la régulation du métabolisme des glucides et des lipides, au contrôle de la température du corps ou à la motricité du tube digestif.
L'hypothyroïdie
L’hypothyroïdie est le terme utilisé pour décrire l’ensemble des troubles liés à l’hypofonctionnement de la glande thyroïde, c’est-à-dire que cette glande produit trop peu d’hormones thyroïdiennes. C’est une des conséquences de la maladie de Hashimoto.
L'hyperthyroïdie
L’hyperthyroïdie est le terme utilisé pour décrire l’ensemble des troubles liés à l’hyperfonctionnement de la glande thyroïde, c’est-à-dire que cette glande produit des hormones en excès. La thyrotoxicose correspond aux effets de cette production excessive d’hormones.
La maladie de Basedow est la cause la plus fréquente d’hyperthyroïdie, surtout chez les jeunes adultes.
Comment la thyroïdite de Hashimoto se développe-t-elle ?
Les causes exactes de la thyroïdite de Hashimoto ne sont pas clairement établies, mais il s’agit d’une maladie auto-immune dont les facteurs sont multiples. En raison d’un dysfonctionnement du système immunitaire, le tissu thyroïdien de l’organisme est considéré à tort comme étranger. Le système immunitaire produit alors des cellules immunitaires spécialisées (des lymphocytes T et B) et des anticorps qui attaquent et détruisent ce tissu.
Une prédisposition héréditaire associée à des facteurs environnementaux (infections virales ou bactériennes, stress chronique, médicaments) peut favoriser le déclenchement de la maladie. En effet, si la thyroïdite de Hashimoto ou d’autres maladies auto-immunes touchent des membres de votre famille, cela indique une prédisposition génétique et un risque plus élevé d’être aussi atteint.
Thyroïdite de Hashimoto : les symptômes
Une simple inflammation de la thyroïde ne provoque généralement pas de troubles et cette maladie évolue donc longtemps sans symptômes. Plus tard, lorsque le tissu thyroïdien est en grande partie endommagé, la production d’hormones thyroïdiennes (T3 et T4) diminue. Cela s’accompagne alors des symptômes typiques d’une hypothyroïdie, tels que :
- la fatigue
- le manque d’énergie
- un besoin élevé de dormir
- des troubles de la concentration et des troubles de l’humeur
- la sensibilité au froid
- une peau sèche
- des cheveux cassants et des ongles fragiles
- la constipation
- une prise de poids inexpliquée
- des troubles du cycle menstruel
- des crampes ou des raideurs musculaires
L'hypothyroïdie : conséquence d'autres maladies
Plusieurs maladies ou situations peuvent entraîner une hypothyroïdie, citons par exemple :
- une chirurgie thyroïdienne qui a entraîné l’ablation totale ou partielle de la thyroïde,
- un traitement à base d’iode radioactif pour traiter un cancer,
- la prise de certains médicaments qui réduisent l’activité de la thyroïde,
- une malformation ou absence de la thyroïde à la naissance (ce problème étant détecté rapidement).
La thyroïdite du post-partum peut aussi survenir quelques mois après un accouchement. Dans les premiers mois, les femmes concernées présentent souvent une phase d’hyperthyroïdie, qui peut ensuite évoluer en hypothyroïdie. Dans la majorité des cas, la fonction thyroïdienne revient à la normale au bout d’un an, mais chez certaines femmes, l’hypothyroïdie peut persister.
Une carence en iode peut provoquer aussi une hypothyroïdie mais c’est très rare en France car cet oligoélément est suffisamment présent dans l’alimentation.
Le diagnostic de la maladie de Hashimoto
La thyroïdite de Hashimoto est généralement diagnostiquée relativement tard, c’est-à-dire lorsque le tissu thyroïdien est déjà endommagé et que les symptômes ont commencé à apparaître.
En cas de symptômes évocateurs de thyroïdite de Hashimoto ou d’hypothyroïdie, votre médecin traitant vous prescrira une prise de sang pour, dans un premier temps, mesurer la TSH (pour thyréostimuline, c’est une hormone de l’hypophyse qui stimule la thyroïde pour qu’elle produise les hormones T3 et T4).
Si le taux de TSH est anormal et élevé (> 4 mUI/L), c’est un premier indicateur qui révèle une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes. Dans ce cas, il est habituel de recontrôler la TSH (pour confirmer l’anomalie) et de contrôler le dosage de T4L qui permet de confirmer une hypothyroïdie. Si le taux de TSH est supérieur à 10 mUI/L, un dosage de T4L sera réalisé.
Le dosage des anticorps anti-TPO (pour anti-thyroperoxydase) est également utile pour la thyroïdite de Hashimoto car cela permet d’indiquer une origine auto-immune de l’hypothyroïdie. Un anticorps positif confirme l’origine aut-immune.
Lorsque le diagnostic est avéré, l’instauration d’un traitement sera alors à discuter avec un professionnel de santé (médecin traitant ou endocrinologue).
Traiter la thyroïdite de Hashimoto
Tant que la thyroïde produit suffisamment d’hormones, aucun traitement n’est nécessaire. Même si des taux élevés d’anticorps ont été détectés dans l’analyse sanguine, cela ne signifie pas pour autant qu’un traitement soit nécessaire, car les paramètres thyroïdiens peuvent tout à fait rester normaux. Toutefois, en cas de taux d’anticorps élevés, il est recommandé de faire contrôler sa thyroïde au moins une fois par an si tout est stable ou plus fréquemment pour certains cas particuliers (grossesse, présence de symptômes).
Un traitement n’est nécessaire que lorsque la production d’hormones thyroïdiennes diminue de manière significative. Un traitement hormonal substitutif est nécessaire à vie en cas de thyroïdite de Hashimoto. S’il est correctement dosé, les valeurs se normalisent. Il est toutefois conseillé de procéder à des contrôles réguliers afin d’ajuster les doses si nécessaire.
Les compléments alimentaires contenant de l’iode ne sont pas recommandés dans le traitement de l’hypothyroïdie.
Pour les femmes qui ont un désir de grossesse ou celles qui sont enceintes qui présentent une hypothyroïdie ou la maladie de Hashimoto, le suivi doit être renforcé et dans ce cas, il est nécessaire d’en parler avec votre médecin traitant pour adapter le traitement.
Les probiotiques en complément
En cas de thyroïdite de Hashimoto, les ballonnements et la constipation figurant parmi les symptômes les plus fréquents, un accompagnement probiotique ciblé peut apporter un soulagement significatif en cas de troubles digestifs inconfortables.
Puisque c’est une maladie auto-immune, il est également important de renforcer le système immunitaire. Environ 70 % des cellules immunitaires productrices d’anticorps se trouvent dans l’intestin, c’est pourquoi l’équilibre du microbiote intestinal est ici essentiel. La prise de probiotiques ciblés permet de fournir à l’intestin des bactéries bénéfiques contribuant au maintien de cet équilibre. Le microbiote intestinal joue un rôle dans la régulation du système immunitaire et son influence sur les maladies auto-immunes a été démontré dans des études scientifiques. Les personnes souffrant de thyroïdite de Hashimoto présentent souvent une altération du microbiote (dysbiose) caractérisée par une diminution de bonnes bactéries, notamment celles du genre Bifidobacterium et Lactobacillus.
L’axe intestin-thyroïde est un domaine de recherche émergent qui fait actuellement l’objet de nombreuses recherches. Les résultats préliminaires montrent que certaines personnes atteints de thyroïdite de Hashimoto présentent aussi une perméabilité intestinale accrue et qu’il existe une association entre hypothyroïdie et SIBO (pour Small Intestinal Bacterial Overgrowth soit une prolifération bactérienne de l’intestin grêle).
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