L'essentiel à retenir sur notre deuxième cerveau
- L'intestin possède son propre réseau de neurones.
200 à 500 millions de neurones sont présents dans l’intestin : c’est ce qu’on appelle le système nerveux entérique.
- L'intestin et le cerveau s'échangent des informations.
Ces deux organes communiquent en permanence : c’est ce qu’on appelle l’axe intestin-cerveau. Le nerf vague est l’une des principales voies de communication entre l’intestin et le cerveau.
- Le microbiote intestinal est un acteur clé de l'axe intestin-cerveau.
Les bactéries intestinales influencent certaines molécules impliquées dans le fonctionnement du cerveau. Des liens existent même entre microbiote, humeur et certaines maladies.
- L'équilibre du microbiote est fragile et il est important d'en prendre soin.
Le microbiote intestinal est composé de plusieurs dizaines de milliers de milliards de micro-organismes. Lorsqu’ils vivent en harmonie, ils participent au bon fonctionnement de l’organisme. De nombreux facteurs peuvent provoquer un déséquilibre du microbiote intestinal.
- Des probiotiques multisouches pour soutenir le microbiote intestinal.
Des probiotiques multisouches ont été conçus en lien avec les recherches sur l’interaction entre le microbiote intestinal et le système nerveux.
Pourquoi parle-t-on d'un deuxième cerveau ?
L’expression de « deuxième cerveau » a été popularisée dans les années 90 à la suite de la publication d’un ouvrage du neurobiologiste, Michael D. Gershon. Son livre The Second Brain fait alors référence au système nerveux entérique, un vaste réseau de neurones présent dans la paroi de l’intestin capable de contrôler de nombreuses fonctions digestives de manière autonome, mais tout en restant en communication permanente avec le cerveau.
Les découvertes plus récentes sur le microbiote intestinal ont ensuite renforcé l’intérêt pour ce dialogue constant entre l’intestin et le cerveau. Les scientifiques parlent désormais d’un axe intestin-cerveau pour qualifier les échanges permanents entre nos deux organes.
Longtemps considéré comme un simple organe de la digestion, l’intestin joue en réalité de nombreux rôles dans notre organisme. Il participe à la digestion, contribue au bon fonctionnement du système immunitaire et influence, de manière indirecte, des fonctions telles que l’humeur, le sommeil ou encore la régulation de l’appétit.
Intestins : entre 7 à 9 mètres de long (intestin grêle = 6 à 7 mètres et environ 1,5 m pour le gros intestin).
200 à 500 millions de neurones dans l'intestin.
Des dizaines de milliers de milliards de micro-organismes dans l'intestin.
90 % de la sérotonine est produite dans l'intestin.
L'intestin communique avec le cerveau.
L'intestin participe à la régulation du système immunitaire.
Le nerf vague, le nerf le plus long du corps humain, est l'une des principales voies de communication entre le cerveau et l'intestin.
Comment fonctionne notre intestin ?
Commençons par le début… Nos repas après un court passage dans la bouche arrivent dans l’estomac en passant par l’œsophage. Les aliments sont mélangés et broyés dans l’estomac, l’acide gastrique facilite cette transformation en bouillie appelée chyme. Une fois que l’estomac a fini son travail, la nourriture transformée arrive dans l’intestin grêle, plus particulièrement dans le duodénum.
L’intestin grêle est essentiel pour la digestion car il absorbe la majorité des vitamines, minéraux et macronutriments apportés par les aliments. C’est à ce moment-là que le foie et le pancréas entrent en jeu : le foie en fabriquant des acides biliaires qui permettent d’absorber les graisses et le pancréas en produisant des enzymes qui aident aussi à la digestion. Les molécules produites peuvent alors passer à travers la paroi de l’intestin pour se rendre au foie qui sert de filtre.
Ensuite, ce qui reste parvient dans le côlon ou gros intestin et c’est dans cette partie du tube digestif que vit la plus grande partie de notre microbiote intestinal. Cette partie absorbe l’eau et les sels minéraux. Certaines de nos bactéries intestinales produisent des acides gras à chaîne courte par fermentation des fibres alimentaires qui n’ont pas été digérées. Elles fabriquent aussi de nombreuses molécules, notamment des neurotransmetteurs, ce sont des messagers chimiques permettant d’activer les neurones.
L’intestin possède son propre réseau de neurones
Notre intestin abrite entre 200 et 500 millions de neurones. C’est le deuxième plus grand réseau de neurones de notre corps, juste après le cerveau ! Cet impressionnant maillage porte un nom : le système nerveux entérique (SNE). Il orchestre, en toute autonomie, de nombreuses fonctions essentielles comme les mouvements de l’intestin, c’est-à-dire la motricité intestinale qui permet de faire avancer le bol alimentaire ou encore les sécrétions digestives comme les acides biliaires ou pancréatiques. En d’autres termes, il veille au bon déroulement des processus digestifs sans que nous ayons à y penser. Le SNE fonctionne de manière autonome tout en restant en communication permanente avec le cerveau.
Par ailleurs, notre système nerveux entérique contrôle la barrière épithéliale intestinale. Cette fonction est essentielle car elle permet le passage des nutriments à travers l’intestin dans l’organisme, tout en empêchant les agents pathogènes ou toxines de la franchir.
Le SNE est connecté au système nerveux central, notre cerveau, par le nerf vague. Le nerf vague fait l’objet d’un intérêt grandissant chez les scientifiques. Son rôle dans la digestion et la régulation du stress est solidement documenté et des recherches sont encore en cours pour comprendre son lien avec certaines pathologies. Le nerf vague est en effet l’une des principales voies de communication entre le cerveau et l’intestin.
L’intestin est en conversation permanente avec notre cerveau
Le cerveau et l’intestin échangent des informations en continu grâce à ce que les scientifiques appellent l’axe intestin-cerveau. Cette communication fonctionne dans les deux sens : le cerveau influence le fonctionnement de l’intestin, mais l’intestin envoie lui aussi des informations au cerveau.
Vous avez déjà ressenti des maux de ventre avant un examen, un entretien ou une prise de parole ? Ce n’est pas une coïncidence ! Lorsqu’il perçoit une situation stressante, le cerveau active différents mécanismes qui modifient le fonctionnement de l’intestin. Le transit peut alors s’accélérer ou ralentir, des douleurs abdominales peuvent apparaître et la digestion être perturbée. Comment l’expliquer ?
La communication entre l’intestin et le cerveau repose notamment sur des messagers chimiques appelés neurotransmetteurs, comme la sérotonine. Son implication est ici déterminante car elle intervient notamment dans l’humeur, le sommeil, la digestion, l’appétit et la satiété. Environ 90 % de la sérotonine de l’organisme est produite dans l’intestin et elle joue un rôle essentiel dans les échanges entre l’intestin, le système nerveux et le microbiote.
Le microbiote intestinal : acteur clé de cette communication
Au cœur de cette communication se trouve le microbiote intestinal, ce sont des milliards de micro-organismes, principalement des bactéries qui peuplent notre intestin. Ce sont de précieuses alliées qui sont capables d’influencer le fonctionnement de l’intestin et de communiquer, indirectement, avec le cerveau.
Ces bactéries produisent différentes substances comme des acides gras à chaîne courte, des vitamines ou certains métabolites qui peuvent agir sur les cellules de l’intestin, le système immunitaire ou le système nerveux.
Les acides gras à chaîne courte comme l’acétate, le propionate et le butyrate sont produits par certaines de nos bactéries intestinales par fermentation des fibres alimentaires. Ces métabolites bactériens sont essentiels pour le bon fonctionnement de l’organisme car ils nourrissent les cellules du côlon, ils contribuent à renforcer la barrière intestinale, ils communiquent avec notre système immunitaire, ils participent à notre métabolisme énergétique et pour finir, ils font partie des nombreux acteurs impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau.
Prendre soin de son microbiote intestinal, c'est agir sur son bien-être global
Pour fonctionner normalement, cet écosystème bactérien repose sur un équilibre naturel entre les différents micro-organismes. Cet équilibre est fragile et peut être perturbé par différents facteurs parmi lesquels on trouve les antibiotiques, le stress (encore lui !), une alimentation déséquilibrée, le manque de sommeil, les changements hormonaux, etc.
Nos conseils pour prendre soin de votre microbiote intestinal :
Apprivoiser le stress
Comme expliqué dans cet article, le cerveau et l’intestin communiquent en permanence. Des moments de détente, des exercices de respiration, la méditation ou le yoga peuvent aussi contribuer au bien-être digestif.
Adopter une alimentation équilibrée riche en fibres
Pour le bon fonctionnement du transit et le bon développement de vos bactéries commensales, il est important de consommer des fibres alimentaires. En plus des fruits et légumes, pensez aussi à intégrer à votre régime alimentaire des fruits secs, des légumineuses, des céréales complètes et des graines.
Les pruneaux, les amandes, les abricots secs, le chocolat noir, les artichauts, les pois chiches, les haricots, les lentilles, des dattes sèches, les salsifis, les groseilles, les framboises, les petits pois, les raisins secs, les noix, le persil, le pain complet...
Prendre des antibiotiques seulement si nécessaire
C’est à votre médecin traitant de vous prescrire des antibiotiques pour traiter une maladie d’origine bactérienne. Quel est le problème de ces médicaments pouvant être déterminants ? Ils ne tuent pas seulement les bactéries pathogènes mais également les bactéries bénéfiques de votre microbiote intestinal pouvant alors provoquer une dysbiose. C’est pourquoi il est recommandé d’accompagner un traitement antibiotique avec des probiotiques afin de maintenir l’équilibre du microbiote intestinal.
Soutenir son intestin avec des probiotiques
Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui ont démontré un bénéfice pour la santé. Certaines formulations multisouches ont montré un bénéfice dans des études cliniques pour des indications précises. Par ailleurs, il existe des probiotiques prometteurs conçus en lien avec les recherches sur l’interaction entre le microbiote intestinal et le système nerveux.
Certains aliments contiennent naturellement des probiotiques, vous en trouvez notamment dans les yaourts, le kéfir, la choucroute le kimchi ou le miso.
Bouger et bien dormir
L’activité physique régulière est associée à une meilleure santé digestive et à un microbiote plus diversifié. Un sommeil de qualité participe à l’équilibre de l’organisme, y compris de l’écosystème intestinal.
Pour en savoir plus et recevoir des conseils personnalisés adaptés à vos besoins, contactez-nous et notre équipe sera ravie de pouvoir vous aider.
L’intestin n’est pas capable de réfléchir ou de prendre des décisions comme le cerveau. En revanche, son système nerveux, son microbiote et ses interactions permanentes avec le cerveau expliquent pourquoi il est aujourd’hui comme notre « deuxième cerveau ». Les recherches sur l’axe intestin-cerveau progressent rapidement et ouvrent des perspectives prometteuses pour la santé !