L'essentiel à retenir
- Les antibiotiques sont des médicaments indispensables...
… pour lutter contre les infections bactériennes mqis sont inefficaces contre les virus (la grippe, un rhume, etc). Leur utilisation a révolutionné la médecine au cours du XXe siècle mais un usage massif et parfois non adapté à favoriser le développement de bactéries résistantes.
- L'antibiorésistance : des bactéries plus difficiles à combattre
L’antibiorésistance est la capacité acquise par certaines bactéries à résister aux effets des antibiotiques censés les détruire.
- L'antibiorésistance est un défi pour les politiques de santé publique
Les pouvoirs publics en sont bien conscients puisque « les antibiotiques, ce n’est pas automatique ». En effet, en raison de l’antibiorésistance, certaines maladies seront plus difficiles à soigner, certaines pathologies plus dangereuses et les traitements plus longs et plus coûteux.
- Un traitement antibiotique impacte nos microbiotes
Les antibiotiques tuent les bactéries responsables de la maladie mais aussi nos bonnes bactéries commensales pouvant provoquer un déséquilibre du microbiote et des troubles digestifs (diarrhée, ballonnements) ou un inconfort.
- Des probiotiques multi-souches pour accompagner un traitement antibiotique
L’administration de certaines souches de bactéries probiotiques peut contribuer à maintenir l’équilibre du microbiote grâce á l’apport de bactéries bénéfiques pour soutenir la flore commensale.
L'antibiorésistance : définition
L’antibiorésistance ou résistance aux antibiotiques est la capacité acquise par certaines bactéries à résister aux effets des antibiotiques. L’efficacité de certains traitements est compromise car leur action n’est plus aussi performante.
La résistance aux antibiotiques est un défi majeur pour nos politiques de santé publique en France, mais également à l’échelle mondiale. Si les bactéries peuvent survivre aux antibiotiques censés les détruire, certaines infections deviennent alors plus difficiles et plus longues à traiter. Ce phénomène est directement impliqué dans des décès, plus de 4000 lui seraient imputables en France. De plus, l’antibiorésistance occasionne des coûts dont notre système de santé se passerait bien.
Les bactéries ont deux possibilités pour devenir résistantes, soit elles mutent, soit elles s’échangent des gènes de résistance. Dans certains cas, elles peuvent même devenir résistantes à plusieurs catégories d’antibiotiques, les scientifiques les appellent les bactéries multirésistantes.
Les antibiotiques sont des substances pouvant être chimiques, naturelles ou synthétiques qui ont la particularité de pouvoir tuer ou limiter la multiplication de bactéries. Ces médicaments sont inutiles pour lutter contre les virus et et les infections fongiques mais ils sont essentiels pour combattre des maladies causées par des bactéries.
La France grande consommatrice d'antibiotiques
Réduire la consommation d’antibiotiques est un des enjeux en France car plus l’utilisation d’un antibiotique est généralisée ; plus vite les bactéries développent des mécanismes réduisant son efficacité. Or, la France se hisse en haut des classements européens quant à la consommation de ces médicaments. Après une baisse progressive entre 2014 et 2023, la consommation d’antibiotiques a de nouveau augmenté ces dernières années (1).
Les bactéries s’adaptent naturellement à leur environnement mais l’usage massif et parfois inadapté des antibiotiques a accéléré et multiplié la présence de bactéries résistantes.
Les enfants ne sont pas épargnés car le nombre de prescriptions d‘antibiotiques est aussi très élevé en France si on compare à l‘échelle européenne.
Antibiorésistance : pourquoi ce phénomène est-il si préoccupant ?
- Les bactéries deviennent plus dangereuses
Cette capacité à résister aux antibiotiques peut se transférer d’une bactérie à une autre et les bactéries se transmettent facilement d’une personne à une autre (par simple contact, c’est pourquoi le lavage des mains est si important). Il est donc possible qu’une personne soit déjà porteuse d’une bactérie résistante avant toute exposition aux antibiotiques.
- Certaines maladies bénignes faciles à traiter deviendront graves
- Certaines opérations et traitements deviendront plus risqués
Imaginez que vous ayez besoin d’une opération chirurgicale ou d’une chimiothérapie. Ces interventions nécessitent souvent la prise d’antibiotiques. Si les antibiotiques ne sont plus efficaces, ces interventions deviendront plus risquées.
- Les traitements deviendront plus coûteux
Si les antibiotiques courants ne sont plus efficaces, il faudra recourir à des médicaments plus coûteux et plus puissants, pouvant aussi entraîner davantage d’effets secondaires.
- Multiplication des impasses thérapeutiques
Les traitements disponibles ne permettent plus d’obtenir une amélioration suffisante de l’état du patient. Dans ce cas, la priorité est de soulager ses symptômes.
1er rapport de l'OMS sur la résistance aux antibiotiques (2)
Pourquoi est-il important de ne pas arrêter trop tôt un traitement antibiotique ?
De nombreuses personnes commettent l’erreur d’arrêter prématurément leur traitement antibiotique dès qu’ils se sentent mieux. Il est important de ne pas interrompre le traitement avant la fin, même si vous commencez à vous sentir mieux. Arrêter un traitement trop tôt peut permettre à certaines bactéries pathogènes encore présentes de survivre et de se multiplier. Cela peut favoriser la sélection de bactéries moins sensibles et augmenter le risque de rechute ou d‘échec du traitement. Une utilisation inadaptée de ces médicaments contribue au développement de l’antibiorésistance.
Notre microbiote intestinal : un écosystème naturel à protéger
Des bactéries, des champignons, des virus et des protozoaires vivent sur notre peau et dans notre organisme. Ces micro-organismes sont définis comme étant commensaux car leur présence est naturelle chez l’être humain et cet ensemble forme ce qu’on appelle désormais le microbiote. Nous recevons nos premières bactéries lors de notre venue au monde et elles nous sont transmises par notre mère lors de l’accouchement.
Les microbiotes sont caractérisés en fonction de la zone spécifique de l’organisme qu’ils colonisent. On distingue notamment le microbiote intestinal, le microbiote vaginal, le microbiote cutané, le microbiote buccal, etc. Ils jouent un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de l’organisme. Prenons l’exemple du microbiote intestinal, celui-ci est impliqué dans les processus de digestion et dans certains processus métaboliques. Il influence également le fonctionnement du système immunitaire et celui de la barrière intestinale et communique avec d’autres organes tels que le cerveau ou le foie.
Nos microbiotes se développent progressivement et de nombreux facteurs peuvent influencer leur composition, notamment l’alimentation, l’âge, le mode de vie, le stress, l’environnement, le sommeil ainsi que les traitements antibiotiques.
L'impact des antibiotiques sur les microbiotes
L’impact des antibiotiques sur le microbiote intestinal est très bien documenté et de nombreuses études scientifiques ont été réalisés sur le sujet. Leur administration peut entraîner une diminution de la diversité microbienne, une modification de la composition bactérienne et une altération de certaines fonctions du microbiote. Quelle est la principale raison de ces bouleversements ? Les antibiotiques ne se contentent pas de tuer les bactéries pathogènes mais ils détruisent aussi des bactéries commensales intestinales provoquant certains effets secondaires comme la diarrhée associée aux antibiotiques, des troubles digestifs ou un inconfort.
Les antibiotiques peuvent donc provoquer un déséquilibre du microbiote, appelé dysbiose. Tous les microbiotes peuvent être touchés car des antibiotiques peuvent être également prescrits pour, par exemple, traiter des infections vaginales et dans ce cas, c’est la flore intime qui est impactée et une diminution du nombre de lactobacilles peut survenir entraînant une altération du microbiote vaginal. La durée d’un déséquilibre microbien varie en fonction des individus, de la durée et de la fréquence des traitements et de la santé intestinale ou vaginale de la personne concernée.
L'infection à Clostridioides difficile (anciennement Clostridium difficile) est l'une des complications les plus connues de l'antibiothérapie. Cette infection du côlon est causée par la bactérie Clostridioides difficile. Elle touche le plus souvent les personnes hospitalisées sous traitement antibiotique ou les personnes qui suivent une chimiothérapie.
Le microbiote intestinal est altéré par les traitements et la bactérie C. difficile en profite pour se multiplier et produire des toxines qui provoquent une inflammation du côlon et qui détruisent en partie la muqueuse intestinale.
💊 Prenez les antibiotiques conformément aux instructions de votre médecin. La durée du traitement doit toujours être strictement respectée.
💊 Ne prenez pas d’antibiotiques pour traiter des maladies virales telles que la grippe ou le rhume.
💊 Ne prenez pas d’antibiotiques à titre préventif !
💊 Les antibiotiques non utilisés peuvent être rapportés en pharmacie.
💊 Préservez votre santé grâce à la prévention : lavez-vous les mains et adoptez un mode de vie sain.
💊 Lorsque vous prenez des antibiotiques, prenez également des probiotiques, qui contribuent à protéger votre microbiote intestinal et réduiront le risque d’effets secondaires.
Soutenir son microbiote intestinal avec des probiotiques
Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui exercent, lorsqu‘ils sont administrés en quantité adéquate, un effet bénéfique sur la santé de l‘hôte.
La prise de probiotiques multi-souches ciblés pendant une antibiothérapie contribue à l’équilibre du microbiote intestinal. Face au nombre considérable de produits commercialisés, il est nécessaire de se tourner vers des probiotiques qui ont fait l‘objet d‘études cliniques rigoureuses, leur efficacité a donc été démontrée chez l’être humain.
L’apport de bactéries bénéfiques permet de soutenir la flore commensale et de maintenir une certaine stabilité du microbiote pendant le traitement. Le choix des souches bactériennes probiotiques est essentiel car elles ont des propriétés différentes et produisent des effets spécifiques. Les études cliniques ont surtout porté sur des bactéries du genre Lactobacillus et Bifidobacterium. Il est conseillé de continuer la prise de probiotiques (entre 10 et 15 jours) après la fin d’un traitement antibiotique pour soutenir le retour à l’équilibre du microbiote qui n’est pas immédiat.
Pour en savoir plus et recevoir des conseils personnalisés, contactez-nous et notre équipe médicale et scientifique sera ravie de pouvoir vous aider.