La sécheresse vaginale est un trouble intime qui concerne de nombreuses femmes. La lubrification naturelle du vagin ne fonctionne plus correctement entraînant un inconfort intime voire des douleurs pendant les rapports sexuels. Dans cet article, nous vous donnons les clés pour comprendre ce trouble ainsi que des solutions pour le prévenir ou le traiter.
Sécheresse vaginale : définition
Chaque jour, le vagin produit des sécrétions que l’on appelle aussi “pertes vaginales”. Les pertes normales sont blanches ou de couleur crème, lactescentes (laiteuses) ou liquides et inodores. Ces sécrétions jouent un rôle de protection en empêchant l’intrusion de germes étrangers ou nocifs et en nettoyant naturellement le vagin. Elles permettent aussi de lubrifier le vagin lors d’une excitation, notamment afin de faciliter la pénétration pendant un rapport sexuel. Les sécrétions dont la couleur et la consistance sont anormales ou l’odeur désagréable, sont le signe d’une infection et sont généralement accompagnées d’autres symptômes (fièvre, douleurs…).
Par ailleurs, un vagin insuffisamment humidifié peut aussi être à l’origine de troubles et provoquer des démangeaisons, une sensation de brûlure et peut entraîner des douleurs lors des rapports sexuels. L’hydratation intime est donc essentielle pour notre bien-être, notre confort et nos relations intimes.
La sécheresse vaginale est un trouble courant et des solutions existent pour le traiter. Beaucoup de femmes n’osent pas aborder ce sujet, pourtant il concerne tellement de personnes et son impact est réel sur la vie sexuelle ! L’étude SWAN a démontré que la prévalence augmente avec l’âge, passant de 19,4 % chez les femmes de 42 à 53 ans à 34 % chez les femmes de 57 à 69 ans (1).
Comment reconnaître la sécheresse vaginale ?
Les symptômes typiques de la sécheresse vaginale sont :
- une sensation de brûlure,
- des irritations,
- des démangeaisons,
- des douleurs pendant les rapports sexuels,
- et parfois des petits saignements après les rapports.
Qui est concernée ?
Toutes les femmes peuvent être concernées car la sécheresse vaginale touche aussi bien des jeunes femmes sexuellement actives que des femmes ménopausées. Sous l’influence des œstrogènes (des hormones sécrétées par les ovaires), les glandes situées au niveau du col de l’utérus produisent un mucus qui humidifie le vagin. La quantité de mucus fluctue en fonction du cycle menstruel ou d’une stimulation sexuelle. La sécheresse vaginale est due à un manque de mucus.
Les causes les plus fréquentes de la sécheresse vaginale
La périménopause et la ménopause
Une des causes les plus connues de sécheresse vaginale est en lien avec la période de transition correspondant à la périménopause et à la ménopause. Ce phénomène naturel se caractérise par une réduction de la production d’hormones sexuelles féminines que sont les œstrogènes (estradiol, estrone et estriol) et la progestérone. Un manque d’œstrogènes entrave la formation de l’épithélium vaginal qui devient notamment moins humide. Par conséquent, la muqueuse vaginale est moins hydratée et elle protège moins bien le vagin.
La grossesse et l'allaitement
Les changements hormonaux qui s’opèrent chez les femmes enceintes ou chez celles qui allaitent peuvent conduire à une sécheresse intime temporaire. Après l’accouchement, les glandes qui sécrètent du mucus afin de garder la muqueuse humide sont affaiblies, néanmoins, elles se rétablissent et retrouvent leur capacité au bout de six à huit semaines.
Les moyens de contraception hormonaux
Un manque d’hydratation du vagin peut également se produire chez les jeunes femmes, en particulier chez celles qui utilisent un contraceptif hormonal tel que la pilule, le patch, l’anneau vaginal ou encore l’implant. Ceux-ci peuvent perturber la production d’œstrogènes, ce qui a pour conséquence de faire baisser le taux de ces hormones essentielles pour l’humidité du vagin.
Une hygiène intime inadaptée
La sécheresse vaginale peut être provoquée par une hygiène intime insuffisante ou trop agressive via l’utilisation de lotions vaginales ou spray inappropriés. En effet, certains produits contiennent des agents irritants tels que du savon, des parfums, des parabènes ou des silicones qui perturbent l’équilibre de la flore intime et réduisent l’acidité du vagin.
Certaines maladies et infections
Parmi ces maladies, on trouve les troubles de la thyroïde, l’hypertension, des troubles hépatiques ou rénaux, la dépression ou le diabète. Par ailleurs, une infection fongique passée peut également être responsable d’un manque d’humidité.
Des traitements
Certains traitements comme les antidépresseurs et les chimiothérapies peuvent causer des troubles intimes. Si c’est votre cas, vous pouvez en parler à votre médecin ou gynécologue pour trouver une solution appropriée.
Sécheresse vaginale et flore intime
Plusieurs études ont identifié un lien entre la composition bactérienne du microbiote vaginale et la sécheresse vaginale. Une flore intime optimale est largement dominée par le genre Lactobacillus, ce sont des bactéries lactiques qui sont essentielles au vagin car elles le protègent en maintenant un pH acide.
Or, les changements hormonaux qui ont lieu à différents moments de la vie d’une femme influencent le microbiote vaginal en diminuant la quantité de bactéries bénéfiques et en augmentant la diversité bactérienne. La dysbiose, un déséquilibre de la flore vaginale, peut donc contribuer à l’apparition ou à la persistance de la sécheresse vaginale.
Les solutions et traitements
Les causes de la sécheresse vaginale sont nombreuses : perturbation hormonale, hygiène inadaptée, altération de la flore intime, etc. Le traitement va dépendre de l’origine de ce manque d’hydratation du vagin. Il existe plusieurs moyens pour lutter contre un défaut d’humidification vaginale, par exemple des gels lubrifiants, des crèmes, des gels hydratants spéciaux pour le vagin ou des variantes naturelles comme l’huile de coco.
Les probiotiques : accompagnement et prévention
Des études ont démontré que l’apport de bactéries probiotiques, spécialement identifiées pour la flore vaginale, a un effet positif à long terme sur la sécheresse vaginale.
Par ailleurs, les probiotiques contribuent à maintenir l’équilibre du microbiote vaginal et s’inscrivent naturellement dans une démarche prophylactique axée sur le bien-être intime.
Autres conseils
Pensez aussi à vous hydrater et buvez suffisamment d’eau car c’est bénéfique pour l’hydratation vaginale. Pour contribuer au bien-être de la sphère intime, il est recommandé de porter des vêtements qui respirent, autrement dit d’éviter les vêtements trop serrés et les sous-vêtements en matière synthétique.
Lors de rapports sexuels, la période des préliminaires est essentielle car elle permet la lubrification naturelle du vagin.
Le stress, le tabac, l’alcool et une alimentation déséquilibrée ont des répercussions sur l’organisme, notamment sur la santé intime. Pour votre bien-être, il est utile de prendre quelques mesures pour réduire leurs impacts.