Périménopause et préménopause : des différences ?
Les deux termes sont souvent confondus mais ils correspondent à deux périodes différentes de la vie des femmes. La préménopause représente toute la période avant la ménopause, c’est-à-dire entre le début et la fin des règles. Alors que la périménopause est la phase de transition vers la ménopause dont les premiers signes apparaissent généralement entre 40 et 50 ans. Les professionnels de santé préfèrent parler de périménopause car le terme se réfère à une phase scientifiquement définie.
Périménopause : de quoi parle-t-on exactement ?
La périménopause marque en quelque sorte l’entrée progressive vers la ménopause. Pendant cette phase, les ovaires produisent de moins en moins d’hormones sexuelles féminines, à savoir : les œstrogènes et la progestérone. Les règles peuvent apparaître de façon irrégulière et des signes plus ou moins marqués se manifestent, que l’on attribue parfois au stress, à la fatigue ou à l’environnement. On parle de ménopause lorsque les règles ont disparu pendant 12 mois consécutifs. Il peut donc être difficile de réaliser que l’on traverse cette étape, car elle est souvent plus facile à identifier rétrospectivement.
Début et durée de la périménopause ?
La périménopause débute généralement entre 45 et 50 ans mais c’est très variable car certaines femmes ressentent les premiers signes vers la fin de la trentaine, alors que d’autres ne peuvent remarquer aucun symptôme avant 50/55 ans. Quant à la durée, c’est aussi extrêmement aléatoire car cette phase dure en moyenne entre 2 et 4 ans mais, selon les cas, elle peut être plus courte voire plus longue.
Les données et caractéristiques de la périménopause sont si variées que les femmes traversent cette période différemment. Une femme par exemple approchant la fin de la trentaine peut se sentir déstabilisée ou démunie en découvrant qu’elle présente les premiers signes de périménopause.
Symptômes de la périménopause
En lisant cet article, vous vous demandez peut‑être : « Suis‑je concernée ? Comment savoir si je traverse cette phase ? »
Nous avons compilé ici les signes les plus fréquemment rapportés par les femmes concernées.
- Des changements au niveau du cycle menstruel : irrégularités des cycles, saignements entre les périodes de règles, règles plus abondantes ou flux plus légers, cycles plus longs ou plus courts.
- Des bouffées de chaleur ou sueurs nocturnes : sensation soudaine de chaleur, transpiration, rougeurs ou sensation de surchauffe.
- Des sautes d’humeur : irritabilité, anxiété, baisse de moral ou humeur dépressive, brouillard cérébral et oublis, perturbation du bien-être mental.
- Troubles du sommeil : difficultés à s’endormir ou réveils nocturnes.
- Baisse de la libido, sécheresse vaginale & troubles urinaires : ces symptômes sont causés par une baisse du taux d’œstrogènes et peuvent également entraîner une gêne ou des douleurs pendant les rapports sexuels.
- Douleurs pelviennes ou douleurs pendant les règles : inconfort dans le bas-ventre, crampes plus intenses, sensibilité pendant les changements de cycle.
Important : si les douleurs pelviennes sont sévères ou si les saignements sont anormalement abondants ou fréquents, veuillez consulter votre médecin traitant ou votre gynécologue afin d’écarter d’autres causes telles que des fibromes ou des polypes.
Le diagnostic de la périménopause
Le diagnostic repose généralement sur :
- votre âge
- votre mode de vie
- vos antécédents médicaux
- vos symptômes
- les caractéristiques de votre cycle menstruel (fréquence, régularité et abondance)
Des analyses sanguines (FSH, estradiol) peuvent être effectuées, mais comme les taux hormonaux fluctuent quotidiennement, les résultats ne sont pas toujours concluants. On privilégie généralement l’observation des symptômes aux analyses de laboratoire mais ces dernières peuvent être importantes pour aider à exclure d’autres causes.
Accompagnements possibles ?
Différentes approches et solutions existent. Avant d’en commencer une, consultez un professionnel de santé : il pourra vous guider et vous proposer l’option la mieux adaptée à votre situation.
- L’hormonothérapie substitutive (HTS) / traitement hormonal substitutif ou hormonothérapie ménopausique
Ces trois termes recouvrent une même approche et consiste à fournir des hormones sexuelles à l’organisme (principalement des œstrogènes) afin de soulager les symptômes liés à la chute des hormones, tels que les bouffées de chaleur ou les sueurs nocturnes. Cependant, le recours à ce traitement a connu une baisse ces dernières années en France à la suite de la publication d’études sur les risques potentiels. Votre médecin devra donc évaluer pour vous le rapport risques/bénéfices.
- Les antidépresseurs (ISRS/IRSN spécifiques)
Ces antidépresseurs peuvent aider à soulager certains symptômes de la périménopause, notamment les bouffées de chaleur et parfois les troubles de l’humeur. Cependant, ces médicaments n’agissent pas de la même manière chez toutes les femmes.
- Les traitements œstrogéniques locaux
Cette catégorie comprend les crèmes, les gels ou les ovules vaginaux. Leur efficacité a été prouvée sur les symptômes vaginaux et urinaires mais ils n’ont pas d’effets sur les autres troubles.
- Les approches liées au mode de vie
Il est parfois utile d’apporter quelques changements à son mode de vie : exercice physique régulier, alimentation équilibrée, gestion du stress, temps dédié au repos, etc. Les blogs ou les coachs santé regorgent d’idées, à vous de trouver ce qui vous aide le plus !
- Les probiotiques, les compléments alimentaires et l’alimentation
Ce sont des solutions naturelles qui permettent d’améliorer votre bien-être et de soulager certains symptômes. Tous les probiotiques et compléments alimentaires ne se valent pas et ils sont nombreux sur le marché. Vous pouvez lire l’article que nous avons consacré à ce sujet pour bien choisir son probiotique.
Pour en savoir plus et recevoir des conseils personnalisés, contactez-nous et notre équipe sera ravie de pouvoir vous aider.
Probiotiques et périménopause : que disent les recherches ?
Les recherches actuelles montrent que les changements hormonaux, notamment la baisse du taux d’œstrogènes, affectent non seulement la flore vaginale (augmentation du pH vaginale et diminution des lactobacilles dominants) mais aussi la composition du microbiote intestinal. L’équilibre de ce monde bactérien revêt une grande importance ici car il influence le métabolisme des œstrogènes, les marqueurs inflammatoires ainsi que l’absorption des phytoœstrogènes. Ces derniers sont des composés naturels d’origine végétale (soja, miso, graines de lin, céréales complètes) qui imitent partiellement les effets des œstrogènes.
Pour atténuer certains symptômes et soutenir la flore intime et le microbiote intestinal, des probiotiques et prébiotiques spécifiques sont des compléments prometteurs.
Principales conclusions d'une récente étude
Ce champ de recherche est relativement récent et peu d’études se sont intéressées aux femmes en phase de périménopause. Parmi les travaux les plus récents, l’étude menée par le professeur B. Schütz à l’université de Graz a exploré les effets d’un probiotique spécifique chez des femmes ménopausées. Il est plausible que les mécanismes observés soient similaires chez les femmes approchant la ménopause car certains symptômes sont identiques.
Les participantes à cette étude ont pris un probiotique contenant 1 x 10¹⁰ UFC° pendant huit semaines. Après analyse des données, les chercheurs ont constaté une amélioration significative de nombreux symptômes liés à la ménopause. En particulier, environ 60 % des participantes ont constaté un soulagement marqué des bouffées de chaleur et de la fatigue. La majorité des participantes a également rapporté une diminution des douleurs musculaires et articulaires, une amélioration de l’aspect de la peau et une réduction de la chute de cheveux. D’autres symptômes physiques, tels que maux de tête, palpitations et sécheresse oculaire, ont aussi diminué de manière notable. Fait intéressant, plus de la moitié des femmes ont signalé une hausse de la libido.
Source : Stiegelbauer et al., OM & Nutrition, vol. 168, pp. 63-67 (2019), Université de Graz.
Une Unité Formant Colonie correspond à une bactérie capable de se multiplier et de former une colonie visible sur une boîte de culture. Donc, quand on dit qu’un probiotique contient 1 x 10¹⁰ UFC, cela signifie qu’il y a 10 milliards de bactéries vivantes capables de se développer dans le produit.
Conseils pratiques
Ce que vous pouvez faire dès maintenant si vous sentez les premiers signes de la périménopause :
- Noter vos symptômes et les caractéristiques de vos cycles menstruels (date, durée, abondance) car cela pourrait vous être utile en vue d'une consultation avec votre médecin traitant.
- Consultez votre médecin si les symptômes sont douloureux ou vous semblent anormaux.
- Discuter avec un professionnel de santé des bénéfices/risques d'un traitement hormonal substitutif si les symptômes affectent votre qualité de vie.
- Prendre des probiotiques dédiés aux bien-être des femmes et à leur confort intime. Veillez à choisir des probiotiques de haute qualité, testés et dont l'efficacité pour la santé des femmes a été prouvée. Discuter de leur utilisation avec votre médecin ou un spécialiste. Tous les probiotiques ne sont pas identiques et leur efficacité dépend du choix et de la combinaison des ferments lactiques.
- Maintenir un mode de vie sain : faites de l'exercice, mangez sainement, dormez suffisamment, évitez le stress et accordez-vous du temps pour vous faire plaisir.
- Rester informée et partager votre expérience pour aider d'autres femmes. La science s'intéresse de plus en plus à la santé des femmes (il était temps !) et les avancées dans ce domaine sont importantes et innovantes.
Sources
- NHS Website: Menopause https://www.nhs.uk/conditions/menopause/symptoms/
Review paper: Probiotics and prebiotics:Probiotics and Prebiotics: Any Role in Menopause-Related Diseases? (2023) – Systematic review of the influence of probiotics during menopause (overview of human studies and mechanisms of action). PMC
Colacurci N. et al. – Randomised study: Endometrial, breast and liver safety of soy isoflavones plus Lactobacillus sporogenes in post-menopausal women (Study involving 130 women, improvement in menopausal symptoms through the combination of isoflavones + L. sporogenes). PubMed+1
Review paper: Lactic Acid Bacteria: A Promising Tool for Menopausal Health Management in Women (Nutrients, 2022) MDPI
Stiegelbauer et al., OM & Nutrition , vol. 168, S. 63–67 (2019), Universität Graz. PDF-Studie
Clinical trials / registered trials: NCT04001088 – Study evaluating a probiotic for general menopausal symptoms. ClinicalTrials
C’est la période qui précède la ménopause et se caractérise par des cycles irréguliers et un certain nombre de troubles.
C’est la période, relativement longue, entre le début et la fin des règles.
Généralement entre 45 et 50 ans mais c’est tout à fait possible que les signes apparaissent avant la quarantaine ou après 50 ans.
Au cas par cas, mais généralement entre 2 et 4 ans.
- Modifications du cycle menstruel
- Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes
- Troubles du sommeil
- Baisse de la libido
- Sécheresse vaginale
- Symptômes urinaires
- Sautes d’humeur
- Difficultés de concentration
- Prise de poids légère
- Fatigue
Aucun test spécifique n’existe pour permettre de confirmer la périménopause. Le mieux est d’en parler à votre médecin traitant qui basera son diagnostic en fonction de votre âge, vos antécédents médicaux, les caractéristiques de vos cycles menstruels et vos symptômes.
Oui, c’est possible car les ovules produisent toujours des hormones.
On considère qu’une femme est ménopausée lorsque ses règles ont disparu depuis au moins 12 mois consécutifs, et qu’aucune autre cause (grossesse, traitement hormonal, chirurgie) n’explique cette absence de règles.