Une enfance insouciante et joyeuse, c’est ce que tous les parents souhaitent offrir à leurs enfants. Loin du stress, des angoisses et des tracas quotidiens qui font partie de la vie des adultes. En grandissant, les préoccupations se manifestent davantage et la jeune génération s’inquiète fortement de l’état du monde et de la planète. Les premiers résultats de l’étude Enabee menée avec des enfants de 6 à 11 ans montrent que « 13 % de ces enfants présentent au moins un trouble probable de santé mentale » (1). D’après une étude réalisée par Ipsos, un adolescent sur deux en France souffre de symptômes d’anxiété ou dépressifs (2). Nos jeunes ne sont donc pas épargnés par ce qui est considéré comme le mal du siècle : le stress !
Nous savons actuellement que la période liée à la pandémie de Covid 19 a été une charge mentale importante en particulier pour les plus jeunes et que ces événements ont entraîné l’augmentation des troubles anxieux et des dépressions en Europe. Quelques années plus tard… tout serait rentré dans l’ordre ? De nombreux experts affirment que non puisque les chiffres relatifs à la santé mentale des enfants et des adolescents se seraient stabilisés à un niveau élevé.
Qu'est-ce qui stresse les jeunes ?
En principe, le stress aigu n’est pas une réaction négative et il peut favoriser notre force de résistance face à des situations déstabilisantes. Il est important pour les plus jeunes de pouvoir le contrôler. Le stress et l’anxiété deviennent problématiques lorsqu’ils dépassent la capacité de l’enfant à y faire face.
Dans l’enfance, les situations qui déclenchent du stress sont principalement liées aux tâches de développement, c’est-à-dire l’adaptation à un nouvel environnement (la crèche ou l’école) ou aux normes sociales. D’autres facteurs peuvent être à l’origine du stress, tels que les événements critiques de la vie, comme la séparation des parents, ou un surmenage quotidien lié par exemple à des exigences de performance à l’école ou pendant les loisirs. N’oublions pas que les parents sont perçus comme des modèles et que leur emploi du temps est souvent trop chargé et qu’ils s’estiment eux-mêmes stressés. Il n’est donc pas étonnant que certains enfants se sentent alors sous pression ! À cela s’ajoute le grand facteur de stress qu’est l’école ou le collège : les devoirs, les examens, les relations sociales, les disputes ou le harcélement. Pour les plus grands, ce sont l’état du monde, l’écologie et l’environnement, les relations sociales, le futur qui sont sources d’angoisse.
Il arrive que les parents ne remarquent pas que leur enfant est soumis à un stress mental important. Certains symptômes physiques peuvent se manifester et vous alerter : des maux de ventre ou de tête, des troubles digestifs (même des nausées ou des vomissements) et des troubles du sommeil. On a remarqué que les comportements entre les garçons et les filles peuvent différer concernant la gestion des émotions. Les garçons auraient tendance à les externaliser, réagissant de manière impulsive voire aggressive et contestant plus facilement l’autorité de l’adulte. Les filles intérioriseraient leurs émotions et présenteraient davantage de troubles tels que l’anxiété, un état dépressif ou des troubles alimentaires.
Les effets du stress chez les enfants et ados
Que se passe-t-il exactement dans notre corps lorsqu’une situation stressante se présente à nous ? Le cerveau est stimulé et déclenche une réaction qui provoque la libération d’hormones, telles que l’adrénaline et la noradrénaline. Le rythme cardiaque et la tension artérielle augmentent et les muscles se tendent. Le cortisol, connu aussi sous le nom d’hormone du stress, est également libéré en plus grande quantité, ce qui peut perturber sensiblement le sommeil et déclencher des envies de manger des aliments à haute densité énergétique (sucreries, restauration rapide) pendant la journée. Le stress affaiblit également le système immunitaire, ce qui provoque une augmentation du nombre d’infections pendant les périodes de stress.
Lorsque le stress devient chronique, les conséquences sur le corps sont plus graves. Des taux constamment élevés d’hormones liées au stress, comme le cortisol, affectent certaines régions du cerveau, importantes pour l’apprentissage et la mémoire. De plus, un niveau de stress élevé et persistant perturbe les processus digestifs et affecte la composition bactérienne de notre microbiote.
Un lien étroit entre l'intestin et le cerveau
Un échange d’informations permanent a lieu entre le cerveau et l’intestin, via l’axe intestin-cerveau. Les recherches menées jusqu’à présent montrent que le stress chronique est associé à une diversité microbienne réduite au sein du microbiote. Nos bactéries intestinales produisent d’importants acides gras à chaîne courte (AGCC), par exemple le butyrate, qui fournissent de l’énergie à la muqueuse intestinale. En cas de stress, cette muqueuse reçoit trop peu d’énergie et les jonctions serrées entre les cellules qui permettent leur scellement se désagrègent. L’intestin devient alors davantage perméable, on parle de leaky gut ou du syndrome de l’intestin qui fuit (l’hyperperméabilité intestinale). Dès lors, des substances indésirables pénètrent plus facilement dans l’organisme via la circulation sanguine et ne sont plus éliminées avec les selles. Ce phénomène entraîne des processus inflammatoires chroniques, des intolérances alimentaires ainsi que des maladies auto-immunes.
Par ailleurs, le stress favorise les processus inflammatoires dans le corps. Lors d’une réaction aiguë au stress, les glandes surrénales sécrètent leur propre cortisone (les glucocorticoïdes) qui a un effet analgésique et anti-inflammatoire. En revanche, en cas de stress chronique, d’une part la réaction inflammatoire se trouve renforcée, ce qui peut impacter les fonctions cérébrales, et d’autre part, la production d’hormones dans l’intestin est perturbée. En effet, les précurseurs de notre hormone du bonheur, la sérotonine, et de l’hormone du sommeil, la mélatonine sont produits dans l’intestin. Lorsque ces processus ne fonctionnement plus correctement, notre sommeil et notre humeur sont directement impactés.
Des probiotiques spécifiques pour pallier les effets du stress
Puisque l’intestin et le cerveau sont en lien étroit, la réaction face à une situation de stress provoquée par le cerveau peut être influencée positivement par le microbiome. Cette interaction a déjà fait l’objet de nombreuses études. Une étude a ainsi démontré qu’un probiotique agissant spécialement sur l’axe intestin-cerveau avait amélioré significativement les troubles liés au stress chez les participants (fatigue et épuisement mental). Les probiotiques pertinents d’un point de vue médical sont adaptés pour soutenir les enfants et les adolescents dans les périodes difficiles. Leurs effets sont visibles dans l’intestin et peuvent toucher l’ensemble de l’organisme. Gérer le quotidien devient alors un jeu d’enfant !
- Donner à votre enfant l'exemple d'une bonne gestion du stress et des méthodes pour retrouver la sénérité et le calme.
- Montrer à votre enfant différents moyens pour se détendre : jouer à l'extérieur, se promener, faire des exercices de respiration ou de relaxation, etc.
- Prendre le temps de discuter et de s'intéresser à la vie quotidienne de votre enfant, pendant le dîner ou avant le coucher par exemple.
- Limiter l'utilisation des smartphones et autres appareils à un temps raisonnable et aider votre enfant à trouver d'autres occupations.
Un bon sommeil est essentiel pour réduire le stress : la lumière du jour, l'air frais et l'exercice physique aident à rétablir un rythme circadien perturbé.
- Faire de l'exercice physique (bouger) dès le plus jeune âge : les études actuelles prouvent que chez les enfants physiquement actifs jusqu'au début de l'âge adulte, le risque de développer une dépression est significativement réduit.
- Veiller à ce que le microbiote intestinal reste équilibré : intestin et cerveau étant reliés.
Sources :
- (1) https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2023/sante-mentale-premiers-resultats-de-l-etude-enabee-chez-les-enfants-de-6-a-11-ans-scolarises-du-cp-au-cm2
- (2) https://www.ipsos.com/fr-fr/un-adolescent-francais-sur-deux-souffre-de-symptomes-danxiete-ou-depressifs