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La stéatose hépatique non alcoolique

La stéatose hépatique non alcoolique, ou foie gras non alcoolique, se caractérise par une accumulation de graisses dans les cellules du foie.

Le foie est un organe central de notre métabolisme et il est vital à plusieurs égards. De nombreuses personnes souffrent de troubles hépatiques et le nombre de patients présentant une stéatose hépatique non alcoolique, une maladie associée au syndrome métabolique, est en augmentation. Le foie est un organe paradoxal car, d’un côté, il souffre en silence lorsqu’il est surchargé donc on ne se rend pas compte qu’on le malmène, mais d’un autre côté, il peut se rétablir vite si on adapte son mode de vie puisqu’il présente une capacité de régénération surprenante ! 

Ces derniers temps, la recherche a mis en évidence les liens entre le foie et l’intestin (on parle de l’axe intestin-foie). La santé et le fonctionnement du foie dépendent aussi du bon fonctionnement de l’intestin car ces deux organes s’influencent mutuellement. 

Caractéristiques et rôles de notre foie

Le foie est l’organe plein le plus volumineux du corps et pèse environ 1,5 kg. Il prend en charge d’importantes fonctions dont la dégradation des substances toxiques, ce qu’on appelle la détoxification, le métabolisme des glucides et des lipides ainsi que la production de la bile. Tout ce que nous ingérons, qu’il s’agisse de nourriture, de médicaments ou de substances nocives comme l’alcool ou les toxines présentes dans notre environnement, passe par le foie pour y être décomposé. 

Par ailleurs, il joue un rôle clé dans la digestion, car les substances provenant de notre alimentation passent dans la circulation sanguine via l’intestin et sont directement acheminées vers le foie par la veine porte. C’est dans le foie que les différentes substances sont utilisées, stockées, transformées ou décomposées. Le foie stocke du sucre et des graisses dans ces cellules ainsi que des vitamines (vitamine A, B 12, acide folique) et des métaux (fer et cuivre). Par exemple, le sucre est stocké sous forme de glycogène et libéré dans le sang sous forme de glucose lorsque la valeur de la glycémie baisse. En cas de blessure, le foie active une série de facteurs pour coaguler le sang. En outre, il fabrique des hormones et des protéines pour le transport des lipides, de même qu’une grande partie du cholestérolUne autre fonction essentielle du foie est la détoxification : les enzymes du foie transforment notamment l’alcool en acétaldéhyde et l’ammoniaque en urée pour que celle-ci puisse être éliminée dans les urines.

Tous ces exemples ne représentent qu’une petite partie de ses prouesses. Ali E. Canby (professeur universitaire spécialisé dans la prévention et le traitement des maladies hépatiques graves) précise que « le foie a environ 500 fonctions. Je ne peux pas toutes les citer, mais cela explique que cet organe était déjà considéré dans la mythologie chinoise comme la « mère », le cœur étant représenté par « l’enfant ». Dans l’Antiquité, le foie était regardé comme le siège de l’âme du corps. Et c’est vrai, car si le foie va mal, d’autres organes vont mal aussi ». 

En somme, le foie réalise des performances incroyables mais notre mode de vie lui rend la vie dure ! Le professeur Canbay indique à ce sujet : « notre mode de vie occidental n’est pas vraiment propice à garder un foie en bonne santé mais cet organe sait pardonner ! En effet, aucun autre organe ne présente une telle capacité de régénération. Si un patient souffre d’une stéatose hépatique due à l’alcool, le fait de ne pas boire d’alcool peut permettre au foie de se rétablir en quelques mois seulement ».

La stéatose hépatique non alcoolique / Maladie du foie gras

Comment sait-on que le foie est malade ?

On remarque généralement que le foie va mal dans le cadre d’un examen de santé, par exemple lors d’un bilan hépatique sanguin. Les causes les plus fréquentes à l’origine d’une maladie hépatique sont : 

  • la consommation excessive d’alcool
  • l’obésité
  • une mauvaise alimentation (riche en graisses par exemple), 
  • les médicaments
  • l’accumulation de substances nocives (comme les drogues et les toxines présentes dans l’environnement), 
  • certains agents pathogènes (les virus de l’hépatite ou des bactéries), 
  • certaines pathologies (maladies des voies biliaires et les calculs biliaires). 
 
La stéatose hépatique est la maladie du foie la plus fréquente et elle toucherait déjà un Européen sur trois avec une tendance à la hausse. Elle se développe lorsque le foie stocke trop de graisses. Cette maladie n’est généralement pas détectée au début de son développement bien qu’elle commence déjà à provoquer certains troubles. 
 
« Un foie malade endommage par exemple le cœur et le système musculaire. Une personne qui développe une stéatose hépatique à 35 ans risque d’avoir de sérieuses complications plus tard, par exemple, un infarctus du myocarde à 65 ans. Les premiers signes doivent être pris au sérieux parmi lesquels on trouve la fatique, l’épuisement physique ou une sensation de pression dans la partie supérieure droite de l’abdomen. D’autres symptômes sont nettement plus inquiétants tels qu’une coloration jaune des yeux et de la peau, des démangeaisons, des vomissements ou des douleurs dans la région du foie. En dernier lieu, les signes d’une cirrhose du foie peuvent apparaître : saignements dans le tractus gastro-intestinal, augmentation de la taille de la rate, plus grande sensibilité aux infections. Puisque le foie n’émet pas de stimuli douloureux, il est important de faire des analyses de sang régulières afin d’éviter toute mauvaise surprise et cette mesure ne vaut pas seulement pour les personnes âgées », explique le professeur Ali E. Canbay.
 

Les maladies du foie

De la stéatose hépatique...

L’idée que les maladies du foie sont seulement causées par une consommation élevée d’alcool domine fortement, mais c’est un leurre car les médecins découvrent de plus en plus souvent des lésions hépatiques chez des personnes qui ne consomment pas ou peu d’alcool. Bien entendu la stéatose hépatique alcoolique demeure un problème de santé majeur, mais « environ 25 % de la population mondiale souffre aujourd’hui d’une stéatose hépatique non alcoolique et cette proportion va continuer à augmenter dans les prochaines années », indique le professeur. La stéatose hépatique non alcoolique ou foie gras non alcoolique touche principalement les femmes, les personnes diabétiques ou obèses.

La stéatose hépatique correspond à l’accumulation de graisses à l’intérieur des cellules du foie (surcharge en triglycérides). Selon sa gravité, on distingue plusieurs grades :

  • Grade I : stéatose hépatique légère (accumulation de graisses – des triglycérides – dans moins de 25 % des cellules hépatiques) 
  • Grade II : stéatose hépatique modérée (l’accumulation de graisses concerne entre 25 % et 50 % des cellules)
  • A partir du grade III : stéatose hépatique sévère (entre 50 % et 75 %)
  • Grade IV : plus de 75 % des cellules sont concernées.
 

Si le phénomène se poursuit et est associé à une réaction inflammatoire, on parle dans ce cas de stéatohépatite. En fonction de la cause, deux formes sont distinguées :

  • La stéatohépatite non alcoolique ou stéatohépatite métabolique (ou NASH pour Non Alcoolic Steato Hepatitis)
  • La stéatohépatite alcoolique (ou ASH pour Alcoolic Steato Hepatitis)
 

... à la cirrhose du foie !

Sans un changement radical du mode de vie, l’inflammation du foie évolue vers une fibrose hépatique, c’est-à-dire que le tissu hépatique sain se transforme en tissu conjonctif entravant le fonctionnement du foie. Ce processus est le plus souvent irréversible et annonce l’apparition du dernier stade des maladies chroniques du foie, à savoir la cirrhose du foie. Cette maladie hépatique grave est liée à une espérance de vie réduite. Dans les pays industrialisés, elle touche environ 250 personnes sur 100 000 et deux fois plus d’hommes que de femmes en souffrent. 

A partir de la stéatose hépatique non alcoolique (NASH), 10 à 20 % des patients développent une fibrose hépatique, et parmi eux, 5 % une cirrhose du foie. En présence d’une stéatose hépatique alcoolique (ASH), jusqu’à 30 % des personnes peuvent souffrir d’une cirrhose du foie. À ce stade, seule une transplantation hépatique peut encore être envisagée.

La frontière entre les dommages provoqués par l’alcool et ceux dus à d’autres facteurs a tendance à s’estomper. « Dans nos sociétés, des personnes présentent souvent plusieurs problèmes. Elles boivent de l’alcool modérément mais sont obèses et ne font pas assez d’activité physique. Il suffit d’un verre de vin rouge par jour pour qu’elles développent une cirrhose du foie », explique Dr Canbay. Certains comportements sont donc à surveiller ou à éviter. A ce sujet, le professeur décrit le phénomène qui peut mener à ces maladies : « un lion tue sa proie et ne mange que la quantité dont il a besoin sur le moment. Nous, nous nous promenons en ville et nous sommes attirés par les stands qui vendent à emporter : snacks, kebab, saucisses, bières, etc. Nous surchargeons constamment notre foie. Si on y ajoute régulièrement du fructose, c’est l’enfer pour le foie. Nous pensons qu’un jus d’orange est sain, mais nous oublions que cela signifie manger cinq, six ou sept oranges en une seule fois ! ».

Les maladies du foie : de la stéatose hépatique à la cirrhose

Le foie et l’intestin : deux organes liés

Un microbiome intestinal altéré peut également être impliqué dans l’apparition de problèmes hépatiques. Evoquons ici un cas particulier pour comprendre le lien entre le foie et l’intestin. Des recherches ont été réalisées sur un patient qui souffrait d’une inflammation du foie après avoir suivi un régime riche en hydrates de carbone. Il a été prouvé qu’il ne buvait pas d’alcool mais présentait tout de même un taux d’alcool d’environ 0,4 ‰. Ce phénomène appelé « syndrome d’auto-brasserie » (ou syndrome de fermentation intestinale) se caractérise par la transformation de glucides en éthanol par certaines bactéries. Les chercheurs ont finalement isolé une souche bactérienne et l’ont administrée à des souris. Ces dernières ont ensuite développé un « foie gras ». « Cet exemple montre que nous ne pouvons pas considérer le foie de manière isolée. Des personnes métabolisent des hydrates de carbone en alcool sans s’en rendre compte. Ce sont des bactéries intestinales qui sont responsables de ce processus », souligne le professeur Canbay. Certes, la quantité est relativement faible donc elle n’est pas ressentie par ces personnes mais c’est une charge permanente et supplémentaire pour le foie.

Ce qui nous intéresse ici, c’est l’influence des bactéries intestinales. Le mode de vie à l’occidental (régime alimentaire déséquilibrée, forte sédentarité, manque d’activité physique, stress) modifie le milieu intestinal ce qui provoque une altération de la composition du microbiote intestinal et favorise l’implantation de « mauvaises » bactéries, comme celles qui produisent de l’éthanol. Par ailleurs, si la barrière intestinale est devenue trop perméable, elle laisse passer des substances toxiques qui parviennent au foie.  

S’intéresser de près au rôle de l’intestin dans les maladies du foie n’a pas seulement contribué à comprendre les liens entre les deux organes mais a permis aussi de mettre en place de nouvelles approches pour soutenir la santé de ces deux organes, parmi lesquelles, les probiotiques présentent une option complémentaire intéressante. 

Axe intestin-foie : comment les probiotiques peuvent-ils soutenir le foie ?

La recherche consacrée au microbiome est relativement récente et l’une des découvertes majeures concerne l’influence des bactéries intestinales sur le fonctionnement d’autres organes, comme le foie. Le professeur Canbay revient sur la relation entre les deux organes : « lorsque nous parlons de l’axe intestin-foie, la nourriture est le premier élément qui vient à l’esprit. Le bol alimentaire arrive dans l’intestin après être passé dans l’estomac. C’est dans l’intestin que les bactéries s’activent pour que la nourriture soit métabolisée. Ensuite, les substances arrivent directement dans le foie via la circulation sanguine. En effet, de nombreux petits vaisseaux sanguins qui partent de l’intestin débouchent dans la veine porte du foie, qui transporte toutes les substances vers ce centre de détoxification. D’un autre côté, le foie libère des acides biliaires qui facilitent la digestion et influencent aussi la composition du microbiome. Le foie et le microbiote sont donc en interaction. Ce lien a par exemple un effet direct sur l’efficacité des médicaments. Une diversité importante de bactéries permet aux médicaments d’être mieux métabolisés dans l’intestin pour que les substances soient ensuite utilisées ou décomposées par le foie ».

Lorsque la barrière intestinale fonctionne correctement, seul un petit nombre de composants bactériens (par exemple des endotoxines ou ADN bactérien) ou quelques substances nocives ou toxiques parviennent dans le sang puis au foie, qui les dégrade rapidement. En cas d’altération de la barrière intestinale, le foie est surchargé car les substances nocives qui n’ont pas été prises en charge par l’intestin pénètrent dans la circulation sanguine. Ce phénomène provoque l’activation de cellules immunitaires, qui peuvent également causer des dommages dans d’autres organes. 

Le tissu adipeux (l’ensemble des cellules qui stockent les graisses) est également lié au foie et au métabolisme. Des substances messagères provenant du tissu adipeux, surtout de celui du ventre, peuvent avoir une influence négative sur le métabolisme des glucides dans le foie et provoquer une forme de diabète. Cette affection entraîne aussi un stockage des graisses dans les cellules hépatiques et donc une stéatose hépatique.

L'axe intestin-foie : des probiotiques pour soutenir le foie

Etude sur les effets d’un probiotique en cas de cirrhose du foie

En cas de cirrhose du foie, il a été prouvé que la composition de la flore intestinale ainsi que la barrière intestinale sont altérées. Par conséquent, la fonction hépatique se détériore et les patients deviennent plus sensibles aux infections. Dans ce cas, des probiotiques multi-espèces spécialement développés peuvent agir de manière ciblée sur le microbiote intestinal et offrent ainsi de nouvelles pistes thérapeutiques : « les premières études ont pu démontrer que la prise d’un probiotique spécifique améliorait la fonction hépatique et plusieurs paramètres du foie, tant en présence d’une cirrhose que d’une stéatose hépatique. Un changement de régime alimentaire et une activité physique régulière sont évidemment aussi importants. Le probiotique contribue à rétablir l’équilibre bactérien dans l’intestin, ce qui préserve le foie de nouvelles charges, raison pour laquelle je le recommande à mes patients souffrant de problèmes hépatiques ».

L’influence d’un probiotique multi-espèces a été analysée sur des patients souffrant d’une cirrhose du foie stable lors d’un étude randomisée et contrôlée par placebo. Après six mois d’utilisation, une amélioration significative de la fonction hépatique a été observée au sein du groupe probiotique. De plus, des effets positifs ont aussi été remarqués sur la réponse immunitaire, cet aspect est important pour les patients atteints de cirrhose du foie car ils sont sensibles aux infections.

Les effets du probiotique sur la flore intestinale des patients ont aussi été examinés et les résultats sont très encourageants puisqu’une augmentation de l’implantation de différentes souches bactériennes produisant des acides gras à chaîne courte (AGCC) a été observée. Ces acides gras réduisent entre autres l’inflammation dans l’intestin et améliorent la fonction de la barrière intestinale. En d’autres termes, moins de substances nocives passent de l’intestin au foie, ce qui donne à cet organe l’occasion de se régénérer ainsi que la possibilité de mieux remplir ses fonctions centrales pour notre santé.

 

Professeur Ali E. Canbay : Ali E. Canbay est directeur de clinique et spécialiste en médecine interne et gastroentérologie à la clinique universitaire de Bochum (Universitätsklinikum Knappschaftskrankenhaus Bochum). Ce médecin de renommée nationale et internationale est spécialisé dans le traitement, la prévention et la recherche sur la cirrhose du foie, l’insuffisance hépatique aiguë et les tumeurs du foie et des voies biliaires.

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